26/11/2012

"L'action responsable est en route, dans un tramway nommé Désir"

Absente plusieurs semaines, me voilà de retour sur ma colline. Il y a des événements dans la vie d’une louve qui changent les habitudes, qui brisent la solitude. Prendre du recul, à une portée de main, pour avoir un regard neuf sur la vie, sur la meute, sur la société, sur les hommes.

 

Au fait, quoi de neuf chez les bipèdes urbains ?

 

La lune m’a dit que vous avez un nouveau ministre, un chef de meute en devenir pour une action responsable. Promesses de mai, fait ce qu’il te plaît, promesses de juin, tu n’iras pas loin dit on dans la meute. Et pourtant, la priorité no 1 du programme de l’Elu était la construction rapide d’une nouvelle prison. A lire les rebuts de presse de la semaine dernière, l’idée est en route, la volonté d’y arriver aussi. De belles paroles, sachant que parfois il faut faire un triple axel avant de retomber sur la réalité des choix politiques.

 

Mettre l’homme en prison pour protéger la meute, une curieuse vision de vie en société. Chez nous, les loups qui transgressent les règles sont soit chassés de la meute, soit exterminés. Pas de prison, sauf parfois celle de la solitude qui incombe par l’exode. L’homme détruira l’homme, c’est une certitude et je ne pense pas qu’un jour l’homme saura sauver l’homme, il est bien trop égoïste pour y songer.

 

Au fait, j’espère que le site choisi pour une nouvelle prison dorée ne sera pas trop proche du coteau de Bernex, je ne voudrais pas avoir comme voisine une population qui n’a plus l’ambition de vivre en société, en meute, en respectant les règles et les valeurs dominantes du mieux vivre ensemble.

 

Sinon, j’ai constaté que la ligne du tramway 14 est enfin terminée, sans empiéter sur ma forêt. Par contre, il faudra m’expliquer pourquoi presque tous les matins il y a plus de passagers que de places dans ce transport en commun. En effet, à voir les derniers usagers se bousculer pour pénétrer dans une motrice déjà bondée, on se demande si c’est par plaisir, par masochisme ou par nécessité. Enfin, tout ça pour voir de grandes voitures dormir toute la journée sur un parking suburbain, c’est presque reposant.

 

Je vous laisse, ma meute m’attend, des plus grands aux plus petits, car ce soir nous allons hurler à la lune notre joie de vivre libre dans une démocratie où nous n’avons pas besoin de prison dorée, ni de tramway nommé Désir.

 

Pertinence, la Louve de Bernex. 

 

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16/12/2011

L’hypocrisie d’une politique où l’immobilisme devrait motiver la mobilité douce

Dans ma meute, pas de Parlement ni de pouvoir Exécutif, juste un conseil des sages, on y écoute les anciens, on y motive les jeunes loups et la sélection naturelle de la meute fait le reste, avec bon sens.

 

Par contre, quand je regarde mes amis bipèdes se débattre avec leurs problèmes de mobilité urbaine et suburbaine, j’hurle gentiment à la lune, juste pour rire.

 

Prenons l’exemple de l’extrémité de la rue du Rhône, ancien terrain de chasse de nos louveteaux, rue qui à cet emplacement ne devrait plus y voir passer que des livraisons, des taxis et les fameux transports publics genevois.

 

J’en ai vu des argoulets distribuer des amendes en ce lieu à de pauvres automobilistes ou motards qui ne comprenaient juste pas le non sens de l’interdiction mise en place. Il faut dire qu’ils ont raison, c’est un peu comme un chemin forestier, soit il est accessible, soit il ne l’est pas, mais une barrière physique nécessaire y est installée si besoin.

 

Le problème, c’est que si volonté il y avait de fermer au trafic privé ce bout de rue, force est de constater que cette décision ne correspond pas aux besoins cartographiques.

 

Je m’explique. Dans les derniers deux cents mètres de la rue du Rhône, que trouve-t-on ?

 

La Loyds TSB Bank, l’UBS, Aeschbach Chaussures, Coop City, et bien d’autres commerces et bijouteries qui ont pignon sur rue et une certaine influence économique. Comment justifier et fermer un accès à ces établissements qui font aussi vivre Genève. Le principe de la rue piétonne n’y est pas installé sachant que la circulation est acceptable pour certains et pas pour d’autres, cette politique devient alors une utopie.

 

De plus, un véritable plan de mobilité urbain aurait depuis longtemps, si volonté politique, économique et écologique il y avait, fermé la rue du Rhône depuis les places du Port/Longemalle. En effet, laisser les usagers de la route s’engouffrer dans cette rue depuis cette hauteur c’est les envoyer dans un cul-de-sac qui n’a été régi que par deux simples panneaux, aucune barrière physique, matérielle ou humaine venant obliger ces mêmes usagers à faire demi-tour par le quai Général-Guisan, ce qui en lui-même représente un non-sens.

 

Déboucher de la rue du Rhône sur la place Bel-Air devient donc logique, même utile sachant que c’est le seul axe Rive/Jonction qui n’oblige pas les usagers à faire tout le tour de la Vielle-Ville pour retomber sur les nœuds des places de Neuve ou du Cirque.

 

Annecy et bien d’autres villes ont réussi le pari d’instaurer des rues piétonnes tout en autorisant les livraisons le matin. Genève est incapable d’avoir une telle réussite car son plan directeur au sujet de la mobilité douce est tout sauf cohérent. Les rue Basses en sont un exemple flagrant.

 

Moi je retourne auprès de ma meute, je n'y suis qu’une simple louve qui surveille son territoire et ses bosquets, comme si j’avais peur que l’on y détourne une partie des bouchons urbains genevois en zone suburbaine.

 

Pertinence, la louve de Bernex qui voit depuis peu le tram 14 arriver.

09/05/2011

Le thème de l'insécurité a rangé ses crocs, pas moi !

De ma commune de Bernex, j'observe les hommes et je me rends compte qu'ils sont devenus si violents, si agressifs, si dangereux pour eux-mêmes, que je me demande ce qui pousse l'humain à devenir criminel et nuire à ses congénères.

Il faut dire que comme un soufflé au fromage qui n'aurait pas supporté la chaleur du four, le thème de la sécurité est lui aussi vite retombé, comme après toutes élections. Dans ma meute il n'y a pas de place pour le doute ou les incertitudes de l'avenir. Un problème se présente, nous le réglons, rapidement et sans concession, surtout si nous nous retrouvons en danger.

Si le loup est menacé en Europe, jamais il me semble, à lire les faits-divers, la situation n'a été aussi préoccupante pour les habitants de Genève et son territoire si convoité.

A lire les journaux abandonnés en lisière, je m'aperçois que :

 

  • 1) La réorganisation de la police demeure une véritable inconnue, pour le peuple mais aussi pour vos policiers, voire le pouvoir judiciaire, comme s'il n'y avait plus de chef de meute dans les institutions.

 

  • 2) L'application du nouveau code de procédure pénale ouvre déjà de nombreuses questions sur l'efficacité de celui-ci, notamment par le mode d'exécution des ordonnances de condamnations prononcées ou le poids du suivi des enquêtes par la police placée sous mandat des magistrats, eux aussi en nombre insuffisant. Une meute affaiblie sera toujours à la recherche de proie plus facile, sans oser s'attaquer aux véritables prédateurs.

 

  • 3) Selon les HUG, les cas de blessures par armes blanches ont drastiquement augmentés ces derniers mois, tout comme les problèmes de coma éthylique chez vos jeunes et auprès des mineurs. Deux fléaux de rue qui ne semblent pas interpeller autrement vos autorités, judiciaires ou politiques. Chez nous, planter les crocs demeure un véritable geste de défense ou pour assurer notre subsistance, ce qui n'est pas le cas chez l'homme qui blesse bien souvent pas cruauté et méconnaissance des dangers.

 

  • 4) Le taux d'occupation de Champ-Dollon, qui est en baisse régulière depuis des semaines, est-il le signe d'une certaine mansuétude judiciaire dans les condamnations prononcées et/ou les libertés accordées courant enquête, ou une réalité tout autre qui serait que les auteurs condamnés restent en rue en lieu et place de purger les peines prononcées et dont la décision est pourtant exécutoire ? Chasser des crocs un indésirable de la meute ne sert à rien si on lui tend la patte pour le nourrir.  

 

 

  • 5) La récidive pourrait devenir le fléau de la décennie en cours si rien n'est envisagé pour stopper la gangrène qui ronge les rues et bientôt nos campagnes. Même nous, prédateurs, devons nous protéger des voleurs et autres gredins.  

 

  • 6) Le tourisme criminel pourrait lui aussi exploser avec l'ouverture à huit nouvelles nations à la liberté de circulation des personnes. Dans ma meute, on ne se mélange pas et l'étranger est craint, sauf s'il prouve sa véritable volonté d'adaptation.

 

Bref, bien des questions sans réponse, pour moi, pour vous, simple citoyens dans un canton fragilisé par sa position géographique et économique, mais aussi par le manque de fermeté dans des discours politiques devenus muets. La chasse n'est plus ouverte, et les prédateurs rodent, je les sens, le les vois, je les devine, je les crains aussi alors je rentre dans mon bois, à la recherche d'un temps passé où je pouvais vivre en paix avec mes petits sur ce territoire.

 

Pertinence, la Louve de Bernex.