16/12/2011

L’hypocrisie d’une politique où l’immobilisme devrait motiver la mobilité douce

Dans ma meute, pas de Parlement ni de pouvoir Exécutif, juste un conseil des sages, on y écoute les anciens, on y motive les jeunes loups et la sélection naturelle de la meute fait le reste, avec bon sens.

 

Par contre, quand je regarde mes amis bipèdes se débattre avec leurs problèmes de mobilité urbaine et suburbaine, j’hurle gentiment à la lune, juste pour rire.

 

Prenons l’exemple de l’extrémité de la rue du Rhône, ancien terrain de chasse de nos louveteaux, rue qui à cet emplacement ne devrait plus y voir passer que des livraisons, des taxis et les fameux transports publics genevois.

 

J’en ai vu des argoulets distribuer des amendes en ce lieu à de pauvres automobilistes ou motards qui ne comprenaient juste pas le non sens de l’interdiction mise en place. Il faut dire qu’ils ont raison, c’est un peu comme un chemin forestier, soit il est accessible, soit il ne l’est pas, mais une barrière physique nécessaire y est installée si besoin.

 

Le problème, c’est que si volonté il y avait de fermer au trafic privé ce bout de rue, force est de constater que cette décision ne correspond pas aux besoins cartographiques.

 

Je m’explique. Dans les derniers deux cents mètres de la rue du Rhône, que trouve-t-on ?

 

La Loyds TSB Bank, l’UBS, Aeschbach Chaussures, Coop City, et bien d’autres commerces et bijouteries qui ont pignon sur rue et une certaine influence économique. Comment justifier et fermer un accès à ces établissements qui font aussi vivre Genève. Le principe de la rue piétonne n’y est pas installé sachant que la circulation est acceptable pour certains et pas pour d’autres, cette politique devient alors une utopie.

 

De plus, un véritable plan de mobilité urbain aurait depuis longtemps, si volonté politique, économique et écologique il y avait, fermé la rue du Rhône depuis les places du Port/Longemalle. En effet, laisser les usagers de la route s’engouffrer dans cette rue depuis cette hauteur c’est les envoyer dans un cul-de-sac qui n’a été régi que par deux simples panneaux, aucune barrière physique, matérielle ou humaine venant obliger ces mêmes usagers à faire demi-tour par le quai Général-Guisan, ce qui en lui-même représente un non-sens.

 

Déboucher de la rue du Rhône sur la place Bel-Air devient donc logique, même utile sachant que c’est le seul axe Rive/Jonction qui n’oblige pas les usagers à faire tout le tour de la Vielle-Ville pour retomber sur les nœuds des places de Neuve ou du Cirque.

 

Annecy et bien d’autres villes ont réussi le pari d’instaurer des rues piétonnes tout en autorisant les livraisons le matin. Genève est incapable d’avoir une telle réussite car son plan directeur au sujet de la mobilité douce est tout sauf cohérent. Les rue Basses en sont un exemple flagrant.

 

Moi je retourne auprès de ma meute, je n'y suis qu’une simple louve qui surveille son territoire et ses bosquets, comme si j’avais peur que l’on y détourne une partie des bouchons urbains genevois en zone suburbaine.

 

Pertinence, la louve de Bernex qui voit depuis peu le tram 14 arriver.

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