08/09/2011

Un vieux loup hurle contre les gendarmes, et après !

 

Du haut de ma colline, je goûtais l'air du temps tout en écoutant la radio du paysan du coin. J'aime écouter les hommes, ils sont de si mauvaise foi que même la lune hurle parfois de rire avec moi.

 

Radio Suisse Romande, émission Forum du mercredi 7 septembre 2011, débat sur les élections fédérales. Il est 19h10 et le sujet ne bascule pas sur la chasse au loup, mais sur l'insécurité à Genève, Monsieur Robert Cramer tient les propos suivants ;

 

«  Quand vous êtes genevois, la dernière fois peut-être que vous avez vu un gendarme, c'était il y a une semaine, deux semaine, un mois, on en voit jamais. Ils sont dans des voitures et à intervenir plus tard, s'ils veulent bien intervenir.

J'ai été cambriolé un dimanche, je suis ancien Conseiller d'Etat, ils n'ont pas trouvé utile de se déplacer, ça montre que je suis traité comme tous les citoyens, que tout le monde est aussi mal traité que cela et que quand vous appelez la police ils ont toujours autre chose à faire que venir faire leur boulot.

Ca c'est le problème que nous vivons actuellement aujourd'hui au quotidien. Faut que les gendarmes soient présents, il faut que ces gendarmes soient une police de criminalité, une police de proximité, pas des grands stratèges, et cela signifie accroitre les effectifs policiers, ça signifie des budgets. »

 

Je vous rassure, c'est plus simple à lire qu'à écouter, l'élocution générale de ce Monsieur étant effrayante. Même mes louveteaux grognent mieux que lui. Mais cette élocution n'est pas plus effrayante que le contenu des ses propos, des attaques qu'il lance contre les policiers, les gendarmes, tout en saupoudrant le tout de il faut, il faut, il faut, en criant au loup.

 

Je vais commencer pas la fin et de ce que j'ai pu suivre de mes sous-bois ces dernières années, guettant ma proie, mais surveillant le chasseur et l'humain.

 

Il faut des budgets, ces mêmes budgets qui ont été refusés sous les deux dernières législatures où l'on y trouvait Monsieur Cramer, et une majorité de gauche au Conseil d'Etat.

 

Il faut des gendarmes, pas des grands stratèges, alors que Monsieur le Procureur général de la République déclarait il y a peu que Genève est en guerre. A ce que je sache, toutes les guerres menées par l'homme ont été gagnées par de grands stratèges, car il n'y a que la nature qui résiste aux stratégies.

 

Il faut une police de proximité, une proximité qui a été mise en œuvre par Mme Micheline Spoerri en 2003, une louve qu'un ami garde-faune adorait, mais une proximité qui n'a pas évolué avec un Conseil d'Etat pourtant à majorité de gauche, Monsieur Cramer et ses amis ayant voulu « réorganiser la police ». Aujourd'hui, d'autres veulent détruire la police de proximité en noyant mes APM préférés dans la gendarmerie, ce qui veut dire maintien de l'ordre et application de la police judiciaire, un grand pas en arrière pour une police municipale qui se doit prioritairement d'être de proximité et si bien présente à Bernex, dans les parcs et devant les écoles,  sachant que je n'arrive même plus à y dévorer un agneau.

 

Il faut une police de criminalité. Une police de criminalité refusée sous ces mêmes législatures, alors proposée sous la forme de la création d'une BAC (brigade anti-criminalité) par les libéraux. Tenez, dans ma meute, on s'adapte, on se ligue pour lutter contre l'adversaire, c'est logique, c'est naturel, c'est une évidence.

 

Je vais finir par l'honneur, car si l'homme est atypique en général, là il n'aura jamais la prestance d'un loup, en moins d'un chef de meute.

 

En insultant ainsi les gendarmes, ce sont des hommes que Monsieur Cramer salit, c'est aussi leurs familles, leurs proches et toutes les victimes que vous trainez dans la boue cher Monsieur.  J'observe la société des hommes depuis si longtemps que je peux vous le dire ;

 

Oui Monsieur la police a toujours autre chose à faire qu'un constat de cambriolage, car avec plus de 88'000 réquisitions, vos gendarmes sont très occupés, même en Champagne.

 

Oui Monsieur la police fait son boulot, avec les moyens du bord, ceux que vous-même sous vos législatures n'avez pas su augmenter, anticiper, accorder, prévoir, offrir, avancer. Même dans ma meute on provisionne pour l'avenir, pour nos enfants, pour protéger notre race.

 

Oui Monsieur visiblement la police ne se déplace plus si elle ne le juge pas utile, elle a ses raisons visiblement, manque de personnels, de moyens, d'argent même, ceci est valable pour un dommage à la propriété, un cambriolage sans trace, et bien d'autres affaires ne relevant plus de flagrant délit, de l'urgence dans l'intervention. L'enregistrement d'une plainte sur place est un luxe que la police genevoise ne peut plus offrir, la victime se doit, comme elle le fait auprès de son assurance, de faire les démarches utiles. Je le sais, mon berger préféré a aussi été cambriolé, oh pas par des loups, mais lui aussi a été traité comme tout citoyen. Une plainte reçue par voie postale, un facteur que je n'ai pas croqué, document qu'il a dû retourner pour recevoir une attestation.

 

Oui Monsieur on ne voit plus les gendarmes en rue, ou si peu, bloqués qu'ils sont par la première affaire de la journée et une paperasse impressionnante. Par manque d'effectifs aussi, par manque de priorités, par manque de disponibilité, par manque d'initiative. Une initiative qui a disparu du travail quotidien de vos gendarmes, noyés qu'ils sont par les tâches et les missions du jour.

 

Oui Monsieur, les policiers daignent travailler, exercer leur métier, ils veulent intervenir au plus proche de leur conscience, avec l'espoir de répondre à une devise que vous connaissez pourtant bien, mais que je vous rappelle ; « Post Tenebras Lux ».

 

Car vos policiers veulent aussi que la situation s'améliore en rue à Genève, que la moyenne et grande criminalité ne gagne pas plus de terrain, qu'elle recule,  que vos citoyens puissent enfin vivre presque tranquillement dans ce canton, tout comme vous. Mais vos policiers restent en attente de décisions, celles-ci sont politiques, un art que vous avez approchez durant de longues années, mais en restant visiblement éloigné des véritables priorités des genevois à vous entendre hier soir.

 

Ah non, j'oubliais, vous vouliez une plage au Eaux-Vives Monsieur Cramer, vos brebis l'auront probablement. Je m'en régale d'avance.

 

Pertinence, la Louve de Bernex.

 

 

Commentaires

Très cher louve,

Je critique les brebis galeuses de votre meute et ceux de votre meute qui veulent les conserver au seins de la meute. De même que je me pose des questions sur les origines des membres de votre meute, qui ne me semblent pas toujours idoines.

Je lis néanmoins dans votre transcription que le vieux loup a articulé :

".... s'ils VEULENT bien intervenir."

".... ils ont toujours autre chose à faire QUE VENIR FAIRE LEUR BOULOT."

Là, le trop vieux loup erre. Ne pas pouvoir, ne veut pas dire ne pas vouloir et une charge de travail trop grande nécessite de se donner des priorités.

Brebis galeuses ne fait pas meute galeuse.

Ne jetons pas le louveteau avec l'eau du Rhône.

Écrit par : CEDH | 08/09/2011

C'est de la politique.

Écrit par : bol chantant | 08/09/2011

J'aime bien votre référence aux loups.

Écrit par : hommelibre | 09/09/2011

Faites une étude sur le comportement du genre humain celle-ci vous aidera à découvrir les périodes ou en toute bonne foi il vous accordera un peu d'écoute,rares sont ces périodes et tout comme le loup on peut hurler de rire face à toutes ces figure de mauvaises foi revenues elles comme la pluie après les vacances ou après les fêtes et là encore en toute bonne foi il ou elle vous avouera mais je ne me souviens pas .Depuis 2000 beaucoup ont compris la ritournelle et dégoutés du genre humain ont préféré fermer leur porte à tout le monde sauf au loup qui lui conserve toute sa dignité car ne tuant que pour se nourrir et non détruire

Écrit par : caramel | 09/09/2011

Faut-il toujours supprimer ce qui fonctionne si bien car depuis la disparition des garde-polices qui surveillaient tant bien que mal ce qui se passait au sein des communes admettons tout de même que la population se sentait plus sécurisée et plus concernée aussi,dommage cette profession a disparu au grand dam de nombreux citoyens.Dommage aussi qu'en suisse et ailleurs on supprime tout aussi facilement des humains ayant besoin de travailler pour vivre comme d'un simple coup de curseur éliminant du même coup un dossier ou autre génant dans un ordinateur,à croire qu'aujourd'hui les humains ont avalé les mots pour les appliquer aux vivants.Serait-ce que l'informatique ait réussi à formé des adeptes de l'élimination inconsciente?

Écrit par : caramel | 10/09/2011

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