24/08/2009

Les genevois sont partis en vacances, tout allait bien, mais la rentrée des classes est passée par là ....

 

Le vendredi 26 juin, les genevois sont partis en vacances scolaires, et tout allait presque bien.

Deux mois de soleil, de repos, de voyages, de chaleur, et une rentrée qui était déjà là, tôt ce matin.

 

C’est sûrement là que plusieurs milliers de citoyens ont du constater que bien des choses peuvent changer en deux mois.

 

IMG_1920.jpgTout a commencé après un bon café, en prenant la route pour déposer leur progéniture à l’école, papa et maman ours ont été surpris par les premiers bouchons. Pas ceux du lundi, ceux-ci ils les connaissent depuis le temps, mais pas ceux des travaux, des déviations, des routes fermées, des trous, des ouvriers en nombre qui déposent des voies de tram. Le plus surprenant est que même les deux-roues se sont retrouvés bloqués dans cet engrenage de travaux.

 

Une fois ce gymkhana achevé, ce fut la surprise du nombre d’élèves devant l’école, nombreux, très nombreux. Papa et maman ours ont même été pris d’un doute, l’école avait-elle été agrandie durant les vacances ? Un coup d’œil rapide sur la bâtisse, mais non. Des nouvelles petites têtes blondes, charmantes au demeurant mais déboulant de partout, des communes voisines, de France, du canton de Vaud. Et comme s’ils voulaient s’enlever un doute persistant, en bons parents, juste une petite question à la maîtresse de l’année dernière. Enfin des profs en plus cette année ? Que nenni. Ne pouvant pas faire autrement, juste après s’être assuré qu’il y avait une chaise et un bureau pour tous, parents ours s’en allèrent travailler.

 

Si tôt arrivé au bureau, une évidence. La crise qu’une manchette d’un quotidien orange annonçait en décrue était toujours présente. M. Louis n’est pas là, il a reçu sa lettre fin juin. Un de moins, après tant d’autres. Vite travailler pour ne pas être le suivant et ce matin pas de pause, même si c’est la rentrée. Tableau identique pour maman ours, mais avec une collègue malade, les nerfs. Finir cette sale journée, pour retrouver leur ourson et profiter un peu de la tiédeur de la soirée, vite très vite et pour ça ne pas regarder la montre avant 17 heures.

 

Dans la moiteur de cette fin de journée, une odeur envahie la voiture de famille ours, de la fumée, de feu. Et plus cette odeur devient forte, plus la route se couvre d’un brouillard nacré alors que la circulation n’avance plus. Tout le centre-ville est bloqué. Papa et maman ours, dans leur assiduité, n’avaient pas pris le temps d’écouter la radio en ce jour de rentée scolaire, où quelques bouchons étaient bien prévus, mais là. Clic, radio enclenchée et gros incendie route des Jeunes, routes fermées, pas d’itinéraire de délestage précisé. Comme tous les autres, ils tentent de passer à droite, à gauche, en vain. Rien ne bouge. Un coup de fil à l’école pour dire que l’on aura du retard. La maîtresse se veut rassurante, ils ne sont pas les premiers à le signaler, tout Genève est coinçé. En ce premier jour, elle fera du rabiot la prof, juste pour les attendre.

 

Et dans ces bouchons, papa ours écoute One FM et le débat sur l’insécurité, sur l’affaire Kadhafi, sur l’affaire du Saoudien, sur la violence auprès des jeunes. Juste de quoi ne pas le rassurer pour l’avenir de sa petite famille. Entre pollution, chômage, violence, hausse des prix, il en avait oublié que les élections sont pour demain. Les listes déposées ce matin ne changeront pas le monde, ni Genève, mais les gens peuvent changer se dit il.

 

Ourson récupéré, direction maison. Une bonne douche, une bonne bière, et le TXT. Page 113, il peut y lire qu’un élève sur quatre de IMG_1865.jpg9ème année a déjà connu une expérience violente. Une étude inquiétante qui parle de rixe, de vol, d’agression sexuelle et de blessure. Pire encore, il y en aurait 29 %, de ces élèves, qui ont déjà été victime d’un tel acte.

 

Maman ours arrive avec un amuse-bouche. Papa ours tourne la page et laisse cette journée derrière lui, espérant trouver le sommeil ce soir, loin des soucis du lendemain, qu’il appréhende déjà.

 

 

 

C’était le lundi 24 août 2009, jour de la rentrée scolaire à Genève, vu avec impertinence par une louve curieuse depuis le coteau de Bernex.

 

louves1.JPG

22:02 Publié dans Genève | Lien permanent | Commentaires (6)

Commentaires

Les imprévus font partie de la vie quotidienne et la violence de nos jeunes sur d'autres aussi ...

Mais il n'est pas tolérable pour une partie des gens de revenir à plus de sévérité, d'encadrements, voire de "punitions". Cela serait contraire au développement et à la créativité de nos chers petits !

Bienvenue dans la Genève du XXIème siécle.

Cordialement

(o_o)

Écrit par : Loredana | 24/08/2009

En vous lisant on se dit vivement la retraite...

Écrit par : sarah | 24/08/2009

Écriture naïve mais elle me plaît pour ce soir ... ;)

Et l'on trouve bien souvent quelques vérités dans la naïveté, même celle des adultes ..

Écrit par : Pertincence | 24/08/2009

Si écrire son ressenti du moment, sans chercher à impressionner celui qui lit, c'est de la naïveté ... bin je vote pour !!

(o_~)

Écrit par : Loredana | 24/08/2009

Chère congénère,

Je vois que votre journée a été aussi difficile que la mienne. J'ai du constaté que ma tendre progéniture allait partagé sa classe avec 28 autres élèves, dans un préfabriqué soit disant provisoire dont l'existence remonte a plusieurs années déjà.
Que les récréations ne sont assumées que par trois adultes pour deux cours d'école et 8 classes.
Que les grands tapent sur les petits plus que ce qui peut-être acceptable et que cela ne choque personne.
En cette première journée d'école et en lionne féroce qui protège sa famille et son petit, je me suis tapie dans les hautes herbes afin de constater de mes yeux le déroulement de la journée.
En plus de tout ceci j'ai pu apprécier la vitesse à laquelle roulent les automobilistes en passant devant l'école à l'heure de sortie. C'est honteux ! un beau radar voilà ce qu'il faudrait planter devant les écoles avec une vitesse maximum de 20 KMH et même là ce ne serait pas toujours suffisant pour dissuader les chauffards.
Sans parler du prix des carburants qui ne cesse de remonter, de la circulation infernale qui diminue notre temps de travail ou augmente celui de nos petits passé à l'école, une heure de parascolaire rien que pour le trajet en voiture.
Hé oui ma chère Pertinence il faut que tout cela change, la sécurité et la qualité de l'enseignement car le travail de nos policiers et de nos enseignants devient titanesque.
C'est à la base de notre société qu'il faut changer les choses.
Permettre aux parents d'être plus disponibles pour leurs enfants, que nos petits n'aient pas des journées qui s'éternisent à l'école, 8h-18h, c'est long très long.
Comment peut on faire autre chose que travailler quand on doit payer un loyer prohibitif, des charges d'assurance écrasantes, des impôts très élevés et la cherté de la vie courante qui n'arrange rien.
Bientôt, si ce n'est déjà le cas, les gens ne feront que survivre et une société basée sur la survie devient agressive. Selon la pyramide de Maslow, les personnes qui sont en mode de survie sont régies par leur cerveau réptilien, assez primaire comme réaction, non ?
Ce sont les bases des valeurs de notre société qu'il faut changer.
Et comme l'a dit un certain président, " ne pensez pas à ce que votre pays peut faire pour vous mais à ce que vous pouvez faire pour votre pays ".

Et Grégoire, lui, veut y croire puis qu'il le chante.

Demain je vais sauver le monde
ne plus penser a hier
nos blessures sont si veine
se connaître et être fier qu'une vie coule dans nos veine
ne pas se laisser abattre et ne jamais jamais se laisser faire
ouvrir les yeux
et combattre nos impuissance et nos enfer

et demain je vais aller sauver le monde
si tu veux tu peux donner un coup de main
car demain demain
je vais sauver le monde
de l'immonde

mais demain demain

abandonner la peur
les sarcasmes et la peine
ne pas se noyer de douleur
ni se couvrir de haine
s'accorder aucune trêve
et croire qu'il reste encore un espoir
que nos corps se soulèvent
et apprennent à se voir

et demain je vais aller sauver le monde
si tu veux tu peux donner un coup de main
car demain demain
je vais sauver le monde
de l'immonde
au moins le mien
au moins le mien
au moins le mien
au moins le mien

Alors s'il y a encore des gens qui veulent que notre société change qu'ils se lèvent et se battent pour leurs idées.
Car peut importe d'où qu'elle vienne, une idée qui fait évoluer la société, dans le bon sens, est toujours bonne à prendre.

Écrit par : féline | 24/08/2009

Après deux mois de vacances (hum hum) l'ours de Bernex se réveille, c'est pas un vieux loup celui-là....

Écrit par : Zoo | 25/08/2009

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