11/05/2013

PIERRE ET LE LOUP

Observant du sommet de ma colline bernésienne la situation criminelle genevoise, je constate que le jeune loup, plutôt beau gosse, qui a pris ses fonctions en juin 2012 tient ses promesses. En effet, en quelque mois la criminalité de rue a baissé alors que les récidivistes se retrouvent enfin en prison. Chez nous, c’est l’exclusion de la meute en cas de récidive, bien avant parfois, mais chez l’homme c’est l’enfermement. Le souci avec une telle politique, c’est que si elle est efficace très rapidement, ses effets bénéfiques sont visuellement et statistiquement contrôlables, elle n’est qu’un cataplasme sur la chaîne sécuritaire, celle-là même qui n’est pas assez soutenue car déstructurée et incapable d’amortir une politique à long terme.

 

Brigands, voleurs et dealers multirécidivistes sont en prison vers Puplinge, à côté de mes congénères qui hantaient les bois de Jussy. La prison de Champ-Dollon est pleine et les conditions de détention sont remises en cause par des ONG bien intentionnées. Il en va de même pour les conditions de travail et de sécurité des matons qui se sont péjorées rapidement. L’intégrité corporelle n’est plus garantie dans ce navire surpeuplé et le point de rupture est proche. Pourtant, la politique choisie se devra d’être reproduite et d’autres délinquants récidivistes devront rejoindre les fauves enfermés, sinon c’est l’échec assuré.

 

Dans notre meute, la sélection naturelle fait son travail, elle ne remet jamais en cause l’équilibre du groupe car elle se veut dominante. Le faible est brisé, le plus fort demeure. Mais dans votre société vous ne pouvez pas agir ainsi car l’homme n’est pas un prédateur, il est avant tout guidé par son instinct de survie personnel, voire ses ambitions. Moi pauvre louve, femelle protectrice de mes petits, je ne comprends plus l’humain qui se laisse guider par des promesses. Chez nous, jamais le chef de meute n’oserait envisager des choix qu’il ne saurait tenir. Il devrait en être la même chose pour vous.

 

Arrêter d’emprisonner pour éloigner les prédateurs c’est comme cesser de se nourrir, de chasser, c’est contre nature, la meute se désunirait et là aussi les plus faibles seraient irrémédiablement éliminés. D’avoir imposé une fermeté judiciaire, c’est bien, mais de venir avec un projet d’avenir, structurel, politique, économique, sociétal, c’est mieux.

 

Il est l’heure de la chasse, la faim guette la meute, l’instinct nous guide et nous assumerons tous ensemble notre tâche, car ainsi va le monde animal.

 

Par contre, dans une société où les prisons sont pleines, il y a un autre fléau qui guette le monde occidental, la faim, car si l’homme est prêt à subir bien de tourments dans la crise, le peuple lui ne supportera jamais d’avoir faim, déjà que là il a soif ... de justice.

 

Pertinence, la Louve de Bernex.

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26/11/2012

"L'action responsable est en route, dans un tramway nommé Désir"

Absente plusieurs semaines, me voilà de retour sur ma colline. Il y a des événements dans la vie d’une louve qui changent les habitudes, qui brisent la solitude. Prendre du recul, à une portée de main, pour avoir un regard neuf sur la vie, sur la meute, sur la société, sur les hommes.

 

Au fait, quoi de neuf chez les bipèdes urbains ?

 

La lune m’a dit que vous avez un nouveau ministre, un chef de meute en devenir pour une action responsable. Promesses de mai, fait ce qu’il te plaît, promesses de juin, tu n’iras pas loin dit on dans la meute. Et pourtant, la priorité no 1 du programme de l’Elu était la construction rapide d’une nouvelle prison. A lire les rebuts de presse de la semaine dernière, l’idée est en route, la volonté d’y arriver aussi. De belles paroles, sachant que parfois il faut faire un triple axel avant de retomber sur la réalité des choix politiques.

 

Mettre l’homme en prison pour protéger la meute, une curieuse vision de vie en société. Chez nous, les loups qui transgressent les règles sont soit chassés de la meute, soit exterminés. Pas de prison, sauf parfois celle de la solitude qui incombe par l’exode. L’homme détruira l’homme, c’est une certitude et je ne pense pas qu’un jour l’homme saura sauver l’homme, il est bien trop égoïste pour y songer.

 

Au fait, j’espère que le site choisi pour une nouvelle prison dorée ne sera pas trop proche du coteau de Bernex, je ne voudrais pas avoir comme voisine une population qui n’a plus l’ambition de vivre en société, en meute, en respectant les règles et les valeurs dominantes du mieux vivre ensemble.

 

Sinon, j’ai constaté que la ligne du tramway 14 est enfin terminée, sans empiéter sur ma forêt. Par contre, il faudra m’expliquer pourquoi presque tous les matins il y a plus de passagers que de places dans ce transport en commun. En effet, à voir les derniers usagers se bousculer pour pénétrer dans une motrice déjà bondée, on se demande si c’est par plaisir, par masochisme ou par nécessité. Enfin, tout ça pour voir de grandes voitures dormir toute la journée sur un parking suburbain, c’est presque reposant.

 

Je vous laisse, ma meute m’attend, des plus grands aux plus petits, car ce soir nous allons hurler à la lune notre joie de vivre libre dans une démocratie où nous n’avons pas besoin de prison dorée, ni de tramway nommé Désir.

 

Pertinence, la Louve de Bernex. 

 

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03/07/2012

"Le terrain ne ment jamais"

Les hommes sont impitoyables entre eux. Ma meute et moi observons les conséquences d'une élection complémentaire et que constatons nous :

- l'humain a besoin de chefs de meutes

- l'homme aime le pouvoir mais peine à l'exercer

- la providence chasse parfois l'évidence

- la sélection est rarement naturelle

- parfois, l'expérience prend le dessus

Autour de Bernex, j'ai souvent constaté que les agriculteurs savaient être à l'écoute de leurs terres. Par contre, autour de la cathédrale, rares sont ceux qui savent tendre l'oreille et avoir une écoute attentive des éléments.

Un vent nouveau semble pourtant être arrivé, car un technocrate qui affirme que "le terrain ne ment jamais" et qui ose s'y rendre, le parcourir, le découvrir, l'observer et l'écouter ne peut fondamentallement pas n'être qu'un faire-valoir.

Reste à vérifier la durabilité des actes par les décisions, car en politique si rien n'est certitude il reste l'espoir de chasser de mauvaises habitudes.

Pertinence, la Louve de Bernex.

 

 

 

 

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